[Chevaux dressés] Numen – PRE

Plus Cruzado que PRE (probablement de l’anglo caché dans l’origine) dans son type et surtout dans son comportement extrêmement émotif à tout ce qui l’entoure.

Ce cheval aux  jarrets coudés, à la base d’encolure insuffisamment relevée, fut travailler quelques temps en Doma avant que je face sa connaissance.

Pour moi les chevaux de polo et de doma sont les plus difficiles à remettre tellement ils restent assujettis aux instruments (mors, enrênnements) et imprégnés de mauvais souvenirs  (postures forcées et contraintes  dans une impulsion violente)

Forte tendance à charger, voir embarquer si l’on ne sait pas s’y prendre. Doté d’une grande sensibilité. Son émotivité fait  que malgré l’essai de toutes les différentes tentatives de mise aux longues rênes ont échoué, seul le travail en main est en partie abordable avec lui. Ce qui fait que le rassembler n’est abordable que sous la selle.

Il connaît, les transitions piaffer passage piaffer, tous les deux pistes aux trois allures et au passage, pirouette au piaffer, galop sur place, pirouette et changement de pied en l’air, pas espagnol et pas d’école.

Monté ont peut obtenir de lui la plus grande légèreté dans toutes les aides, et aussi avoir un appui franc et fort notamment en extérieur ou en chasse. En chasse,  il est montable très léger rassemblé sur les hanches ou étendu comme un cheval de steeple avec un bon appui.

Excellent sauteur (1,30 à 1,40m) à condition de l’avoir très équilibré et très léger., monté  en chasse à courre (sanglier, cerf), il accepte parfaitement les chiens qui même le rassurent. J’arrive à sonner de la trompe à cheval lui-même au piaffer et passage mais à condition qu’un autre cavalier ou un piéton  me passe délicatement ma trompe. Hors de question d’exécuter un montoir avec la trompe en bandoulière. Numen est plus un cheval de sport que de loisir

[Chevaux dressés] Mascotte – SF

Jument achetée sur Internet par une cavalière galop 4  sans l’avoir vu auparavant…. !

A son arrivée cette jument tombait gravement sur sa hanche gauche impossible de faire un cercle ou de marcher en ligne droite, quasi infirme.

Ré éduquée uniquement par le travail aux longues rênes, en main et sous la selle sans aucune intervention véto ou ostéo un an de travail pour la mettre en basse école au travail des deux pistes aux trois allures.

Très gentille, joli modèle avec heureusement pour elle une bouche en or.

[Chevaux dressés] Gutti – PRE

Il n’avançait plus, n’acceptait plus le montoir.

En liberté il ne montrait ni gaieté,  ni impulsion, ni allures brillantes, manquait d’énergie et de force. Son équilibre sous la selle  était effondré côté gauche, surtout l’épaule, il ne savait pas marcher droit. Au box il tiquait discrètement à l’air.

Je l’ai d’abord travailler en mains puis aux longues rênes ensuite sous la selle.

Il fallait être prudent aux longues rênes le postérieur gauche partait à la moindre erreur ou négligence.

Il exécuta en main, aux longues rênes et sous la selle : piaffer passage et transition dans les deux sens, pas et trot espagnol, changement de pied et pirouette sous la selle.

Vidéos

Piaffer – passage en descente de main
Doux passage
Etude du pas de biche
Etude du tride
Etude de trot espagnol
Croupe au mur dans la rectitude
Longues rênes
Reculer au piaffer

Archéologie équestre vivante

Archéologie équestre vivante – reconstitution de postures et mouvements anciens dont on ne possède que des textes et des images fixes photos ou gravures dans le cadre de divers recherches et expériences sur les équitations anciennes.

Ce type de document reste du domaine de la recherche et de l’expérimentation. Archéologie « Bauchériste » du mouvement (travail de Milord)….

Baucher n’employait pas l’épaule en dedans et c’est logique quand on connait son fil conducteur et son époque. Dominique Ollivier dans « L’épaule en dedans révélée »: « L’histoire et la science montrent que le cahier des charges de l’épaule en dedans de la Guérinière était extrêmement précis et relevait bien des critères de la haute école. »

La Guérinière:  » Le premier et le dernier des exercices à donner au cheval au cours d’une leçon ». Cela implique que le dresseur possède le niveau de maîtrise pour la haute école (airs rassemblés) afin le cheval acquière tous les bénéfices de l’épaule en dedans, Sinon l’exercice est dénaturé et dans ce cas ce n’est plus l’épaule en dedans de la Guérinière mais un autre exercice.

C’est exactement ce qui se passe depuis Baucher….l’épaule en dedans de La Guérinière n’existe plus. Il me fallut quelques décennies pour que je comprenne et que j’exécute une épaule en dedans « digne « de la Guérinière. C’est à dire au pas dans le bon équilibre et la bonne répartition des forces, sur la ligne droite, le long du mur (le colonel Bogros disait: L’épaule en dedans c’est surtout la pointe de la fesse dans le mur, et c’est vrai) pour enfin finir à passer le coin correctement (lire Oliveira) et redresser pour tomber dans le piaffer.

Qui fait cela de nos jours ?

Et ce résultat je le dois aux explications de Dominique Ollivier, et à Oliveira pour passer le coin correctement et à Steinbrecht, élève de SEEGER, principal opposant de Baucher (« Baucher le fossoyeur de l’équitation française » d’après lui). Le cahier des charges de l’épaule en dedans n’est pas simple et son application doit être parfaite.

Alors pourquoi Baucher la rejetait il ?

Ayant été élevé à Versailles, Baucher eut sous les yeux les derniers grands représentants et survivants de l’école de Versailles à savoir : Les derniers des d’Abzac

Lire sur la page Équitation française & patrimoine équestre un commentaire sur les d’Abzac dont ci-dessous un extrait :  » Pourtant c’est au Comte Alexis d’Abzac que l’on doit en 1852 « Développement d’une question équestre relative au dressage des chevaux ». Présent en pleine confrontation d’Aure/Baucher, dont il considère qu’ils « éclairent » tous deux l’art équestre. Il prend en compte les assouplissements à pieds de Baucher tout en rejetant l’usage du mors de bride « tant que l’on n’as pas donné cette impulsion qui tend à porter le centre de gravité vers l’avant-main ». Mais il considère « comme un trésor, la grande facilité qu’ont les forces à arriver de l’arrière-main SUR l’avant-main »! On ne peut pas pour autant considérer son ouvrage comme une synthèse D’Aure Baucher. »

Baucher connaissait parfaitement les contraintes exigeantes du cahier des charges de l’épaule en dedans et ses difficultés d’application aux pur-sang Anglais et autres chevaux de son époque. Une épaule en dedans mal exécutée est aussi dangereuse qu’un effet d’ensemble dénaturé, tous deux sont un rasoir dans les mains d’un singe (mais ce n’est que mon avis personnel sur l’épaule en dedans)

Pourtant Oliveira disait qu’elle était « l’aspirine de l’équitation »! A la limite quand le cavalier ne sait plus quoi faire, à bout de raisonnement (de mal de tête), il peut s’y réfugier faute de mieux. Mais cette aspirine ne peut être efficace que si l’on n’avale pas l’emballage avec, au risque d’étouffer à tout jamais ses propres perspectives équestres et celle de son cheval.

Alors cela était il suffisant à Baucher pour rejeter l’EDD?

Le fil conducteur de son raisonnement dans les difficultés du cheval monté résidait bien plus dans les problématiques de l’équilibration que dans les recours aux assouplissements dit latéraux qui dans l’ancienne école s’appelaient ploiements ou infléchissements latéraux pour plus tard s’appeler incurvation.

Incurvation….. remise fortement en question grâce aux données scientifiques nouvelles.

La Guérinière écrit: « On ploie le cheval pour qu’il paraisse plus rassemblé d’un côté ». C’est tout dire !
A cela Baucher préfère l’appuyé dans la rectitude. Tous les déplacements latéraux dans la rectitude sans aucun ploiement (grande encolure, rein) mais avec un pli du côté du déplacement (si le pli est inverse au déplacement = cession à la jambe) permettent au cavalier d’adapter, de corriger, de perfectionner les balances latérales au pas et au galop et les balances diagonales au trot. Il s’agit d’accorder équilibre et mouvement en respectant la fluidité.

Michel Henriquet traite Baucher d’imposteur au sujet de l’épaule en dedans pensant qu’il la renie, lui reprochant néanmoins d’appliquer un déplacement latéral sur la diagonale. Considérant qu’il exploite une impulsion exagérée et une posture « dilettante » ce qui n’a rien à voir avec l’épaule en dedans. Mais simplement à voir avec une accentuation d’étirement latéral et d’engagement du postérieur interne dans l’impulsion vive. Ce qui n’est absolument pas le cas dans l’épaule en dedans de La Guérinière. Qui lui se devait d’assurer des équilibrations sans résistances en vue d’accéder à la maîtrise de la resynchronisation un seul diagonal, (le cheval n’étant plus tout à fait au pas , mais pas encore tout à fait au trot). Pour ensuite resynchroniser les deux diagonaux en une sorte de « marquer le pas » diagonalisé qui vous transporte au piaffer dans la rectitude.

Baucher et La Guérinière ne sont pas si antagonistes que cela. Il faut lire la biographie de Guillotel sur le comte d’Aure pour le découvrir. Oliveira a parfaitement réussit une sorte de synthèse des éléments du Bauchérisme et de l’école de Steinbrecht.

La Difficulté équestre première, reste le marcher droit à toutes les allures, qu’elles soient rassemblées ou pas. Les procédés du redressement chez Baucher et La Guérinière et Steinbrecht ne sont pas les mêmes par ce que le raisonnement n’est pas le même sur les difficultés du cheval monté. Tous deux n’avaient pas à faire: au même type de chevaux. La Guérinière coupa les cheveux en 4, Baucher les coupa en 16. Oliveira réussit une synthèse Steinbrecht/Baucher, il appliqua le « Fléchit droit  » inspiré de La Guérinière parfaitement décrit par Steinbrecht et Aloïs Podhajsky.

A ce sujet lire une interview “révélatrice” de Bettina Drumont élève du maître Oliveira .

Se réclamer de nos jours être un disciple puriste de « La Guérinière » ou puriste de « Baucher » est une hérésie, voir une escroquerie ou alors de la bêtise. Ses écoles sont comme les écrits des langues mortes dont nous n’aurions plus les sons. Nous n’avons des équitations anciennes que des textes et des dessins…. aucune image mouvante. Travailler à partir de ces seuls éléments relève de l’archéologie équestre et pour cela nous avons besoin des sciences, comme dans toute archéologie.

Aucun prétendu Bauchériste actuel n’a retrouvé la juste alliance de la posture, de la fluidité du mouvement, grâce uniquement aux simples données de Baucher. Beudant personnalisa l’apurement que Faverot de kerbrecht fit de Baucher, René Bacharach personnalisa le « Beudanisme ».

Aussi quand nous sommes en difficulté avec un cheval, le premier fautif est souvent notre raisonnement. Le colonel Bogros souhaitait qu’à Saumur à l’entrée des manèges, soit gravé dans la pierre le mot: « RAISONNE » . Pour Nuno Oliveira: « On doit apprendre aux élèves à se servir de leurs jambes et de leurs mains, mais on doit par dessus tout, leur apprendre à penser, à raisonner, à se servir de leur tête pour résoudre les problèmes équestres qui surgissent devant eux. »

Guy Boivin