L’ÉQUITATION D’EXTÉRIEUR FRANÇAISE

La monte française (1902-1910) :

Le Lieutenant BAUSIL décrit la monte de chasse, de raid, de course et définit les allures et équilibre d’extérieur : « Le cheval, lorsqu’il prend son VÉRITABLE équilibre dans un long galop, allonge son encolure, c’est-à-dire qu’il met son centre de gravité plus en avant. De même un cheval tranquille sachant galoper et bien monté par une monte anglaise de course s’en va placé bas, prenant l’équilibre qu’il a juger le meilleur. Les mauvais cavaliers se promenaient en tous sens sur leurs chevaux, tirant dessus, tapant dedans, tordant l’encolure, levant la tête. Les bons, le corps penché en avant, fixes, liés au cheval, les mains basses tenaient leurs chevaux par le doigté et non par la force. Ils étaient rares. Tout le monde sait que les arabes ont la main dure, mais que d’européens ont la main arabe. Ce n’est pas seulement en course que la question de l’équilibre est intéressante ».

BAUSIL qui franchit, contrairement à l’enseignement du règlement de cavalerie, les obstacles le buste en avant, restant assis remet en valeur le besoin indispensable de légèreté dans une assiette liante et dans le contact main-bouche qui permettent au cheval un placé sans contrainte, proche du naturel.

Sur ce sujet, il développe : « C’est le cheval placé bas, aux allures rasantes, mais qui ne tombera jamais. Parce que s’il est placé bas, il n’est pas sur les épaules. On en a un grand bout devant soi, et à bout de rênes il va à travers pays, s’équilibrant au mieux de ses intérêts par son encolure, voyant où il va, renvoyant à la moindre faute par le plus léger déplacement de balancier du poids en arrière pour sauver de la chute, en disposant librement pour sauter, cadencer, galoper, etc… »

C’EST BIEN LA L’ÉQUILIBRE NATUREL

Guy Boivin

Dilemme Équitation de Campagne (de guerre) et Équitation de manège (haute école)

Propos d’Italie et d’Allemagne à ce sujet : « Qu’entend-on par classicisme ? Ce n’est pas parce qu’il y a le classicisme de l’équitation d’école, qu’il ne doit pas exister et qu’on ne doit pas rechercher le classicisme de l’équitation d’extérieur ».

TOR DI QUINTO 1907 FREDERICO CAPRILLI .

Guy Boivin préparation aux contre bas extrêmes

La prise de position de CAPRILLI sur l’extérieur : « L’équitation de manège et l’équitation de cross (campagne) sont antagonistes ; non seulement elles s’excluent mais elles se détruisent l’une et l’autre ».

« Etant donné que l’extérieur est le terrain d’emploi de la cavalerie, c’est à l’extérieur et non au manège que doit se donner une instruction rapidement menée et qui laisse le moins de déchets possibles ».

« Je m’étonne que la monte en extérieur admise comme but ultime, on continue à vouloir instruire dans une équitation qui a des principes diamétralement opposés à ceux sur lesquels doit se former l’école de la monte en extérieur (…). Pour ma part, je dis et je soutiens de toutes mes forces que ce n’est pas le mélange de l’équitation de manège et d’extérieur qui peut être productif et encore moins le fait de considérer la première comme un élément de la seconde ».

« Si un cavalier veut faire de l’équitation de manège et de la haute école, qu’il le fasse, mais le fassent seulement ceux qui vouent un amour spécial à l’équitation qui peuvent et qui ont le temps d’apprendre les deux choses, en sachant les conserver bien distinctes ».

D’Allemagne, comparable à L’Hotte, le Général de ROSENBERG ( 1824-1894) , grand maître de la cavalerie militaire d’outre-Rhin, définit clairement l’équitation d’extérieur : « Notre élément c’est la vitesse (toujours relative à la guerre) et la mobilité même à travers les terrains les plus difficiles. On ne peut nier que cela soit la même chose en course et en chasse. Peut-on s’imaginer qu’il y ait des esprits assez obtus pour condamner cette équitation d’extérieur ? Que deviendrait une cavalerie dont les jeunes officiers ne pourraient monter à cheval que dans le service ou au manège ? Que d’idées fausses il se formerait là ? ».

L’auteur de ces lignes remporta 178 steeples-chases, f√t 100 fois placé, chargea 7 fois l’ennemi et disputa encore un cross-country en 1894, alors qu’il comptait 70 ans. Les découvertes scientifiques contemporaines dans l’éthogramme du cheval sur l’existence de différents référentiels permettent d’aborder sous un angle plus précis la compréhension du dilemme entre cheval de guerre (dominance du référentiel de fuite) et cheval de haute école (dominance du référentiel cognitif).