A propos des selles et de la mise en sentiment du cavalier

La pratique systématisée du trot enlevé et la monte moderne post caprillienne impose le raccourcissement des étrivières et fait que le haut de jambe n’agit plus sur les mêmes côtes donc sur les mêmes vertèbres.

Pour réussir dans une équitation d’école donnée il faut impérativement utiliser les outils de l’époque de cette école. l’étude d’une école sans l’utilisation de ses propres outils est faussée.

Utiliser les outils d’une école donnée pour en pratiquer une autre vous égare. Que n’entendons nous pas « ho! ma selle est un fauteuil » Un fauteuil pour sourd écoutant un concert avec des boules » kiesse » dans les oreilles!

L’épaisseur des matelassures et rembourrages éloigne le cavalier de son cheval, plus il est perché haut plus il peut déséquilibrer son cheval, moins il le sent, plus les aides s’accentuent. Plus il est près de son cheval plus il sent et plus son cheval le ressent, plus les aides sont discrètes.

Cela fut déjà très clairement dénoncé par Pierre Chambry dans « Allures et sentiments » en 1990 aux éditions Maloine. Les selles fines participent au développement de la mise en sentiment du cavalier.

PROPOS SUR LA SELLE ET L’ÉCOLE FRANÇAISE

Il est intéressant d’explorer les données scientifiques de Dominique Ollivier sur l’empilage des masses cavaliers-cheval et leur synchronisation, qui va de pair avec l’alignement de la poussée des masses passant par le centre de gravité et la prise en compte de la coordination motrice héréditaire (à diagonalisation dominante).

On comprend mieux l’école française avant l’application du trot enlevé (raccourcissement des étrivières). Le trot enlevé modifia entre autre, gravement l’action des jambes sur les côtes et les vertèbres.

La selle rase à la française, conçue pour le travail en assiette profonde optimise la diagonalisation mobile de l’assiette (bas du rein soutenu jamais bloqué), auto grandissement, jamais rentrer l’abdomen, ainsi qu’un meilleur placement de la jambe à la sangle (talon à l’aplomb du genoux). Il suffit de monter un cheval à cru pour s’en rendre compte et sentir; ou bien de prendre une descente avec un cheval sellé. Faites l’expérience.

Une selle au troussequin relevé avec des taquets vous bloque complètement. Ajouter à cela l’épaisseur matelassure- rembourrage, ce qui équivaut…… à écouter un concert avec des boules de coton dans les oreilles.

Avec ce type de selle contemporaine la proprioceptivité du cavalier ne reçoit que des informations partielles. Si une désynchronisation des masses du cavalier-cheval surgit elle risque de perdurer. Dans ce cas , le cavalier n’a plus que mains et pieds pour s’en sortir et le cheval subit, ou pire des actions buste-assiette intenses.

La monte en selle contemporaine, (arçon à nez coupé troussequin relevé, taquet systématiques) la réciprocité proprioceptive dans le couple est quasi impossible . L’optimisation des échanges dans la communication corporelle des deux êtres est altérée. Impossibilité d’objectiver une “équitation participative” et une “collaboration volontaire” du cheval. La conception équestre du cavalier reste enfermée dans l’unique concept de “soumission », à tout prix par les aides mains jambes. Ce qui évidemment facilite la suprématie d’une pensée unique dans certains milieux équestres.

Certaines données scientifiques éclairent un regard nouveau sur les anciennes écoles. Depuis plusieurs années je revisite cette école française travaillant en inclusant un nouveau concept « L’appropriation de la coordination motrice héréditaire du cheval » ce qui implique avant tout l’adaptation de l’homme au cheval et non l’inverse. Toutes les grandes révolutions équestres respectent cet élément fondamental prioritaire. ainsi que tous les grands maîtres avant et après Baucher, Caprilli surtout, et même Pat Parelli. Monter avec les selles contemporaines d’un type “orthopédique” équivaut à faire l’amour en chambre à part.

Nota : personne ne peut monter correctement avec une selle rase à la française si il n’a pas reçu l’instruction préalable. Le traité d’équitation raisonné d’Aubert est très clair sur le sujet : EN ÉCOLE FRANÇAISE TOUT PASSE PAR LE PERFECTIONNEMENT DE LA MISE EN SELLE.

WATTEL A PROPOS DE LA FEI

Extraits de « Souvenirs équestres » du Général Wattel, chapitre : Épreuves de dressages internationales: « La FEI ….décida de modifier la reprise, d’en augmenter la difficulté. Chaque nation voulut y introduire les mouvements qu’elle croyait susceptibles de favoriser les nationaux. Cela donna lieu à une succession de réunions………les allures passage, piaffer furent ajoutées…… DE CES DISCUSSIONS SORTIT UNE REPRISE QUI ÉTAIT UN MONSTRE DE DIFFICULTÉS ACCUMULÉES, une série de traquenards, de pièges, un résumé de toutes les difficultés équestres. …… »

« Je n’étais pas convaincu de l’excellence de la reprise pour démontrer la valeur du cavalier et du dressage du cheval. Il me semble que cette reprise si difficile, si pleine de pièges et la façon de la noter enlevaient une partie de la valeur artistique à cette présentation. « 

« On a dit que ces épreuves faisaient faire des progrès à la science de l’art équestre. Je ne le pense pas. Je ne l’ai pas constaté.  »