Nuno Oliveira Ie 23.III.l964.

Extrait de Nuno Oliveira Ie 23.III.l964.

Je me contente de la recherche perpétuelle de la légèreté. Comme vous dites…, la seule Équitation qui compte, qui est digne de ce nom, c’est l’équitation Française, c’est l’héritage des La Guérinière, d’Abzac, Baucher.

« C’est la légèreté qui donne à la fois à la Haute Équitation son véritable cachet et à l’écuyer qui la pratique le vrai caractère de son talent »

L’Hotte

L’impuIsion, la vraie impulsion n’existe pas avec les rênes qui tirent sur la bouche du cheval. Elle est possible seulement avec la simple pesanteur des rênes.

Ces gens modernes, ces cavaliers en série oublient que la Haute Équitation c’est un art plein de beauté. On ne possède le beau sans donner au cheval « tout le brillant que comporte son ensemble » (Beudant). Or le brillant est le résultat de la légèreté impulsionnée.

Le cavalier moderne ferme les deux portes, celle de l’arrière-main et celle de l’avant-main. Le cheval se sent triste et même il n’ose pas regarder par la fenêtre (le relèvement de l’avant-main). Il est prisonnier.

« LA MAIN FIXE » par Étienne Beudant

“Fixer la main : Ce n’est pas l’action d’appuyer un cheval pour le faire galoper, car, appuyer c’est tirer, c’est opposer à la bouche du cheval une force égale à celle qu’il emploie lui même. On arrive au contraire à fixer la main en ne tirant pas du tout à soi, mais en serrant les doigts sur les rênes convulsivement si c’est nécessaire, de façon à empêcher la main de se laisser attirer par une force quelconque ; la bouche du cheval ou le poignet du cavalier.

En haute école, on rend de suite le liant à la bouche qui se contracte, en cessant de tirer et en agissant des doigts comme je viens de l’indiquer. Avec la main fixe, c’est le cheval qui se rend de lui même, qui se récompense lui-même, qui prend goût à mâcher son mors, donnant ainsi le liant et le moelleux à sa mâchoire.

“Dressage du cheval de selle”- Recommandations importantes

WATTEL A PROPOS DE LA FEI

Extraits de « Souvenirs équestres » du Général Wattel, chapitre : Épreuves de dressages internationales: « La FEI ….décida de modifier la reprise, d’en augmenter la difficulté. Chaque nation voulut y introduire les mouvements qu’elle croyait susceptibles de favoriser les nationaux. Cela donna lieu à une succession de réunions………les allures passage, piaffer furent ajoutées…… DE CES DISCUSSIONS SORTIT UNE REPRISE QUI ÉTAIT UN MONSTRE DE DIFFICULTÉS ACCUMULÉES, une série de traquenards, de pièges, un résumé de toutes les difficultés équestres. …… »

« Je n’étais pas convaincu de l’excellence de la reprise pour démontrer la valeur du cavalier et du dressage du cheval. Il me semble que cette reprise si difficile, si pleine de pièges et la façon de la noter enlevaient une partie de la valeur artistique à cette présentation. « 

« On a dit que ces épreuves faisaient faire des progrès à la science de l’art équestre. Je ne le pense pas. Je ne l’ai pas constaté.  »

EXTRAIT de « Souvenirs équestres » du Général Wattel

Capitaine Jacques de Saint-Phalle (1867-1908), mort prématurément n’a pas eu le temps de donner sa pleine mesure, alors qu’il s’annonçait comme un maître de premier rang.

Élève du Commandant de Piolant, écuyer en chef, successeur du Commandant de Bellegarde, dont il conservait un enseignement équilibré entre équitation académique et équitation sportive. Saint-Phalle, Saint-Cyrien, officier instructeur à Saumur, dressa une jument de pur-sang difficile , Mlle d’étiolles au galop sur trois jambes et autres airs de fantaisie, des notes de ce dressage il rédigea en 1899 : « Dressage et emploi du cheval de selle ».

En 1902 il est vainqueur du premier championnat de France du cheval d’armes avec sa jument de pur-sang Marseille II. Devenu écuyer du cadre noir sous les ordres du Commandant de Montjou, écuyer en chef, qui lui même reçut les conseils du Général L’Hotte.

Saint-Phalle gagne un pari en 1909 contre James Fillis: Dressé des chevaux au galop sur trois jambes, en arrière et au changement de pied au galop en arrière, l’attestation fut signée par des observateurs compétents, Général de Bellegarde, les écuyers de Maistre, de la Brosse et Lafont. La fatigue de ses dressages aurait entraîné une infirmité temporaire et une double pneumonie, causant sa mort le 18 octobre 1908.

En 1907 il rédige « Équitation », et « Souvenirs cavaliers ». Propos du Comtes Jacques de Saint-Phalle en 1996 au sujet du capitaine marquis jacques de Saint-Phalle : « Il a laissé des ouvrages précieux qui, par leur originalité, leur qualité pédagogique, leur style clair et vivant -où la technique respecte le psychologie des chevaux-, en font pour ceux qui aiment le cheval une oeuvre dont les volumes méritent d’être dans toute bibliothèque équestre ».

Que retenir des écrits de Saint-Phalle ?

Son scepticisme sur les facultés psychiques insuffisantes du cheval à pouvoir entrer en communication avec les nôtres et nous comprendre. « C’est donc en agissant sur l’être physique, autrement dit en disposant, en équilibrant la masse suivant certaines lois, que nous pouvons donner au mouvement la forme qui nous convient….les mouvements peuvent devenir réflexes… et l’équilibre préparatoire amène seul le mouvement à se produire comme nous voulons. »

De la légèreté vraie :  » La légèreté vraie, consiste dans la délicatesse avec laquelle le cheval soumis et tendant sans cesse au mouvement en avant prend contact avec la main pour lui demander en quelque sorte, la permission de passer. »

Voir ici le témoignage du général Wattel à propos de Saint Phalle.

Article d’Henri Daffos LA MUSCULATION DU DOS ?..un faux problème…

Article d’Henri Daffos

LA MUSCULATION DU DOS ?..un faux problème…

« Il est au nécessaire développement musculaire du cheval ce qu’est l’astrologie à l’astronomie: il n’a d’importance que pour ceux qui y croient »

J d’Orgeix

A l’instar de JDO, je ne crois pas que le dos ait besoin d’être « musclé » spécifiquement, de façon systématique, car tout le travail de musculation fait en général sur le cheval et que ce soit EED… variations d’allures… galop rassemblés etc… se reporte plus ou moins sur le dos et cela le plus naturellement du monde…

Un autre point sur ce sujet est le fait que le dos doit être en premier lieu « souple » car étant la liaison entre l’avant et l’arrière main et on sait bien qu’une densité musculaire importante tend a interdire la souplesse…

Troisième point du dossier, quand voit on un cheval et même un poulain être vraiment en difficulté lors de la mise en selle de son cavalier, même un cavalier plutôt lourd ? …pratiquement jamais, c’est en tout cas très rare et donc laisse supposer que la musculature « naturelle » suffit a son bon rendement….

Il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas le dos qui aide au piaffer, au passage ou au saut d’obstacle mais certainement les abdos et surtout l’ensemble de l’arrière main qui lui doit être fortement concerné par le travail musculaire…

Nous avons eu l’effet de mode du soi disant « travail » du dos en « extension vers le bas » naseaux pratiquement dans la sciure sous l’influence de certains vétérinaires bien en cours fédérale vers les années 60/70…

Je connais, je m’y suis adonné moi même avec frénésie et durant pas mal de temps et a la réflexion sans tellement de satisfaction, a part d’avoir un cheval totalement déguinguandé et sans aucune expression musculaire dans sa mouvance… Le problème du « dos » en travail au cours du dressage: on n’en parle pas…a moins que le cheval recevant la charge inopinée du cavalier sur son dos ne soit en total déséquilibre comme par exemple a la réception d’un obstacle ! (HD)