[Chevaux dressés] Dana – Espagnol

Espagnole, cette jument embarquait, très difficilement contrôlable, sa cavalière pensait s’en séparer.

Deux dents de loup lui causaient une grande souffrance au contact du mors, immontable en filet par un cavalier moyen, elle en fut opérée en 2015.

Quand elle me fut présentée la première fois, elle était claquée des deux antérieurs, des pieds abominables. Mon vétérinaire le Docteur Olivier Laude la garda deux mois et la répara remarquablement.

Trois mois chez moi en dressage puis depuis 3 ans travaille avec Cécile, sa propriétaire sous mes directives.

Cécile, cavalière empirique niveau galop 3 à la base ne pratiquait que la promenade et suivait des chasses avec un autre cheval.

Dana produit aujourd’hui sous sa cavalière, des postures et allures très stylisées d’influences « bauchéristes » (passage, piaffer, pas espagnol, ébauche de trot espagnol, terre à terre, trot d’école) bien que sa cavalière éprouve encore beaucoup de difficultés à se mettre au niveau de sa jument.

Dana devint pour Cécile une véritable révélation tant pour la pratique des airs de haute école que pour ce que pouvait devenir « un cheval perdu ». Toutes deux reviennent de très loin.

Auto-grandissement

Plus…… ils poussent, poussent, poussent, plus Ils bandent, bandent,bandent….. les jambes de leurs chevaux !

Oui la musculature du dos est problème…. pour ceux qui focalisent dessus !

Nos anciens maîtres ne s’y attardaient pas tant. Comme ils n’avaient pas nécessité de focaliser sur le dos, mais sur l’auto-grandissement de l’avant-main (grâce à l’épaule en dedans) .

A l’époque La Guérinière/Baucher le terme « auto-grandissement » n’était pas utilisé, cela se concevait en soutien de la base de la grande encolure avec extension de la petite encolure vers le haut et l’AVANT. La capacité de portage de l’avant-main primait AUTANT que l’impulsion UTILE au mouvement. PUIS vint … « l’équitation moderne » , depuis l’introduction du trot enlevé (raccourcissement des étrivières, avancé des genoux, aplomb de la pointe du pied sous le genou et abandon de l’aplomb du talon sous le genou, mise en action du talon voir du bas du mollet et non plus du gras,) s’ajouta à cela la révolution Caprillienne qui optimisa par l’obstacle TOUTE « l’équitation sportive ».

L’instauration de l’équitation sportive impliqua de nouvelles problématiques inconnues précédemment surtout en dressage sportif. Avec elle s’instaura la suprématie d’un médicament universel… l’impulsion !

Beaucoup de nos jours se soignent à ce médicament en avalant l’emballage avec (comme ils le font d’ailleurs pour l’épaule en dedans contemporaine) et ils en rendent ainsi malade leurs chevaux.

La preuve plus…… ils poussent, poussent, poussent, plus ils bandent, bandent,bandent….. les jambes de leurs chevaux ! Et parfois hélas certains les pète!

Nos anciens bandaient ils autant leurs chevaux que nous aujourd’hui…non !

Au fait quelle était la caractéristique de l’École équestre Française tant chez La Guérinière que chez Baucher ?

Réponse: « Le relèvement de la grande encolure, accompagné de son corollaire enroulement de la petite encolure sur elle même est le préalable du ….rassembler. » Et ce grâce à l’auto grandissement alliée à une impulsion modérée, mesurée. D’où l’importance du travail à cadence lente chez Oliveira également.

La « SUR SUPRÉMATIE » de l’impulsion terme générique occulte dans les esprits d’aujourd’hui les phénomènes qu’elle contient, le portage, l’activé ou vélocité, la poussée. Du dos, oui, du rein surtout, des psoas encore plus, et si possible des abdominaux .

EXTRAIT de « Souvenirs équestres » du Général Wattel

Capitaine Jacques de Saint-Phalle (1867-1908), mort prématurément n’a pas eu le temps de donner sa pleine mesure, alors qu’il s’annonçait comme un maître de premier rang.

Élève du Commandant de Piolant, écuyer en chef, successeur du Commandant de Bellegarde, dont il conservait un enseignement équilibré entre équitation académique et équitation sportive. Saint-Phalle, Saint-Cyrien, officier instructeur à Saumur, dressa une jument de pur-sang difficile , Mlle d’étiolles au galop sur trois jambes et autres airs de fantaisie, des notes de ce dressage il rédigea en 1899 : « Dressage et emploi du cheval de selle ».

En 1902 il est vainqueur du premier championnat de France du cheval d’armes avec sa jument de pur-sang Marseille II. Devenu écuyer du cadre noir sous les ordres du Commandant de Montjou, écuyer en chef, qui lui même reçut les conseils du Général L’Hotte.

Saint-Phalle gagne un pari en 1909 contre James Fillis: Dressé des chevaux au galop sur trois jambes, en arrière et au changement de pied au galop en arrière, l’attestation fut signée par des observateurs compétents, Général de Bellegarde, les écuyers de Maistre, de la Brosse et Lafont. La fatigue de ses dressages aurait entraîné une infirmité temporaire et une double pneumonie, causant sa mort le 18 octobre 1908.

En 1907 il rédige « Équitation », et « Souvenirs cavaliers ». Propos du Comtes Jacques de Saint-Phalle en 1996 au sujet du capitaine marquis jacques de Saint-Phalle : « Il a laissé des ouvrages précieux qui, par leur originalité, leur qualité pédagogique, leur style clair et vivant -où la technique respecte le psychologie des chevaux-, en font pour ceux qui aiment le cheval une oeuvre dont les volumes méritent d’être dans toute bibliothèque équestre ».

Que retenir des écrits de Saint-Phalle ?

Son scepticisme sur les facultés psychiques insuffisantes du cheval à pouvoir entrer en communication avec les nôtres et nous comprendre. « C’est donc en agissant sur l’être physique, autrement dit en disposant, en équilibrant la masse suivant certaines lois, que nous pouvons donner au mouvement la forme qui nous convient….les mouvements peuvent devenir réflexes… et l’équilibre préparatoire amène seul le mouvement à se produire comme nous voulons. »

De la légèreté vraie :  » La légèreté vraie, consiste dans la délicatesse avec laquelle le cheval soumis et tendant sans cesse au mouvement en avant prend contact avec la main pour lui demander en quelque sorte, la permission de passer. »

Voir ici le témoignage du général Wattel à propos de Saint Phalle.

[Chevaux dressés] Dundee – FM/Trotteur

Croisé franche-montagne/trotteur sans papier. Cheval petit mais massif, épais dans son corps, à l’encolure courte et étroite flanquée d’une grosse tête, bien dans ses aplombs, du sang, de la force et de la puissance, le dessus de croupe assez droit.

Ce cheval fut débourré en 3 jours par un amateur qui conseilla à son propriétaire de l’emmener en randonner tout de suite !!!!!

Le résultat ne se fit pas attendre, effrayé de tout non accommodé aux aides, manquant de préparation physique il choisit la révolte sous la selle. Grande encolure flasque, petite encolure raidie soudée à sa lourde tête, toute son énergie était dans son corps. Quand il embarquait  son contrôle était plus qu’aléatoire !

Venu du Jura dans un lieu où j’y avais quelques connaissances j’appris son histoire en partie ainsi.

Son propriétaire souhaitait que je donne des cours d’équitation à sa future épouse (avocate) avec « son cheval ». C’est ainsi que je fis sa rencontre. Incapable d’être longé ou lâcher au manège avec un cavalier néophyte  je déconseilla de tenter de le faire monter par sa compagne.

Qui l’ayant monté une première fois dehors s’était fait très peur me confit-elle !

Je proposais à son propriétaire de d’abord lui dresser son cheval après nous verrons.

Dundee se montra courageux, volontaire fort et sportif, capable sauter  1,40m. Il accéda au piaffer, passage, pas et trot espagnol et tous les deux pistes aux 3 allures. Je le  montais en bride très souvent sans gourmette. En concours hippique il aurait pu être d’une valeur et sûreté certaine s’il avait eu des papiers.

J’aurais aimé le racheter mais son propriétaire ne voulait pas le vendre. Il fut dressé en moins d’un an.

[Chevaux dressés] Caramelo – Arabo-ibérique

Arabo-Ibérique a travaillé jusqu’à l’âge de 10 ans durement en doma en Espagne.

Cheval hongre, compact, gentil, fort, beaucoup d’impulsion naturelle, n’a connu que le mors de doma.

Pas évident à monter en filet, capable de se raidir tout entier comme un bloc de pierre. Ce qui était un comportement d’opposition général. Ce cheval avait été encorné par un taureau.

Caramelo au galop

Son dressage consista : au pas espagnol  avec une approche de cette allure en reculant, au piaffer mais surtout à apprendre à ne plus se raidir en bloc, le galop sur place dans la légèreté lui permit d’approcher le reculer au galop. Je ne poussais pas plus loin cet air à fin qu’il reste montable par sa propriétaire.

Etude du pas espagnol avec Caramelo

[Chevaux dressés] Book – Lusitanien

Mis aux différents airs de haute école dont le piaffer, passage et changement de pied au temps.

Je ne filmais pas encore les chevaux à cette époque.

C’est avec lui que je me suis intéressé au pas de biche.

Book

Allure présentée jadis au cirque dont parle brièvement Decarpentry.

Il s’agit en fait de marquer un temps d’arrêt  et rester en équilibre durant à chaque  posé d’une ou alternativement deux bases diagonales à l’appui.

Je repris bien des années plus tard cette avec Guti dont une vidéo existe de sa préparation.

Nuno Oliveira Ie 23.III.l964.

Extrait de Nuno Oliveira Ie 23.III.l964.

Je me contente de la recherche perpétuelle de la légèreté. Comme vous dites…, la seule Équitation qui compte, qui est digne de ce nom, c’est l’équitation Française, c’est l’héritage des La Guérinière, d’Abzac, Baucher.

« C’est la légèreté qui donne à la fois à la Haute Équitation son véritable cachet et à l’écuyer qui la pratique le vrai caractère de son talent »

L’Hotte

L’impuIsion, la vraie impulsion n’existe pas avec les rênes qui tirent sur la bouche du cheval. Elle est possible seulement avec la simple pesanteur des rênes.

Ces gens modernes, ces cavaliers en série oublient que la Haute Équitation c’est un art plein de beauté. On ne possède le beau sans donner au cheval « tout le brillant que comporte son ensemble » (Beudant). Or le brillant est le résultat de la légèreté impulsionnée.

Le cavalier moderne ferme les deux portes, celle de l’arrière-main et celle de l’avant-main. Le cheval se sent triste et même il n’ose pas regarder par la fenêtre (le relèvement de l’avant-main). Il est prisonnier.